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Faire fonctionner un poste "Marine"
 

Bon, je l'ai acheté ... et j'en fais quoi, maintenant ? ;-)

A l'occasion d'une brocante ou de puces nautiques, il a pu vous arriver de craquer pour un poste marine, et vous souhaiteriez maintenant l'utiliser. Hélas, si vous n'êtes pas familier de ce genre d'appareil, l'expérience prouve que la mise en fonction n'est pas aussi aisée que pour un appareil classique.
Les quelques lignes qui suivent devraient vous aider à tirer le meilleur parti de cette nouvelle acquisition, en vous évitant d'avoir l'impression de vous être fait avoir !

Précisons de suite qu'il n'est pas question de remettre en fonction un de ces appareils à des fins utilitaires.
Naviguer sur la mer ou sur un fleuve avec du matériel obsolète ou non hologué est trés dangereux et d'ailleurs interdit par la loi. J'ai déjà refusé par le passé d'aider à la remise en état d'appareils éventuellement destinés à naviguer à nouveau, et je continuerai dans cette voie. laissons ce travail à des professionnels compétents et certifiés. Comme je ne rentre pas dans cette catégorie, inutile de me solliciter dans ce sens.

Les informations contenues dans cette page n'ont donc pour autre but que de vous aider à sauvegarder un patrimoine radiomaritime trop souvent délaissé, et de vous permettre, à terre, d'écouter la radio sur un appareil original et ayant un "vécu".

Allez, les choses étant claires, on y va !

1 - ACHETER LE BON APPAREIL
 
Il y a, en radio maritime, différentes catégories d'appareils, tous ne pouvant bien evidemment pas être utilisés pour recevoir des choses intéressantes ...
 
Les émetteurs de tous types
. Bien sur, ce genre de matériel ne vous sera d'aucune utilité, puisqu'il ne sert qu'à émettre. Attention, les vendeurs de brocante ne savent pas toujours ce qu'ils vendent, aussi la bonne parole de celui ci ne saurait suffire à vous rassurer ...
 
Les émetteurs-récepteurs "bandes marine"
. C'est un peu mieux, mais pas encore le top ! En effet, la partie réception est le plus souvent accessible, mais au prix de bidouilles qui peuvent être conséquentes suivant le matériel, les tensions d'alimentations demandées sont souvent éxotiques (à cause de la partie émission) et le volume/poids général du chassis lui interdira souvent une étagère de bibliothèque.
A éviter, sauf si le look de l'appareil a vraiment fait "tilt" ...
 
Les récepteurs "bandes marines"
. Là, on a presque bon ...
Ne reste à s'assurer que cet appareil n'est pas calé sur des bandes particulières, par exemple VLF ou VHF, qu'il possède bien un réglage de BLU (USB), et qu'il accède aux bandes plus classiques telles GO, PO ...
C'est surtout de ce type de chassis que nous allons parler par la suite.
 
Les VHF Marine
. L'emploi de cet appareil est réservé à ceux qui souhaitent vraiment écouter cette bande. Ce n'est pas, loin s'en faut, la plus interessante, et, si vous êtes loin de la mer ou d'une écluse, le poste risque de rester muet.
Attention également, il va vous falloir prévoir une antenne spécifique, sous sa forme la plus classique, un fouet de 2 mètres.
 
Les Récepteurs spécifiques
. L'expérience prouve que, dans la bouche des vendeurs, la notion de "récepteur marine" couvre un trés large champ d'application ... On pourra ainsi vous présenter, sous ce vocable (et d'ailleurs sans mentir), tout un tas d'appareils qui ne vous seront pas d'une grande utilité pour l'écoute : récepteurs GPS antiques (attention à trouver l'antenne), récepteurs calés sur différents systèmes de radio navigation disparus (Loran C, navstar, decca, decametrique, Toran, etc ... - antennes quasi introuvables puisque restées à bord), récepteurs automatiques de veille calés sur 2182 Kilohertz uniquement, récepteurs radiophares uniquement, recepteurs Inmarsat (satellites cryptés), etc, etc ...
Soyez critiques et observateurs pour éviter les déconvenues une fois rentrés à la maison avec vos 40 kilos de bonne ferraille iodée ...

 

2 - LE PRIX
 
Même si le collectionneur répugne à parler "gros sous", la question m'est souvent posée : combien vaut ... Que puis-je en espérer ... Je l'ai payé tant, me suis je fait avoir ? ...
Alors, on en cause un petit peu, et puis aprés, basta !
 
Du prix des récepteurs de radio maritime ...
 

Le prix d'une radio, fut elle belle, ancienne, dotée de toutes les qualités, dépend de la même loi que le reste des objets portés par la planète : celles de l'offre et de la demande...

Néanmoins, au vu des prix observés ces derniers temps sur certains sites concernant des appareils radiomar autorise à se poser des questions. Par exemple, aurais-je à la maison un véritable trésor ?
Je crains hélas que non ...
Il faut garder à l'esprit que ces appareils sont complétement obsolètes, qu'ils n'offrent qu'un accés assez restreint au spectre de fréquences, et surtout que bien souvent, en l'achetant, vous l'avez sauvé de la benne à ferraille où les accastilleurs de navires les auraient balancé sans plus de scrupules.

Ces appareils n'interessent que les passionnés et collectionneurs, c'est un fait établi.

Un des bons exemples est le Technifrance "super Navitech", aux performances assez médiocres, qui il y a quelques années se donnait facilement sur les quais "pour debarasser" et qu'une certaine mode, servie par son design trés kitsch, lui fait maintenant atteindre parfois des prix qui me laissent béat d'admiration.
Nous ne nous trouvons pas là, pourtant, en face de la huitième merveille du monde, ni d'un Horace Hurm de la première génération ...

Il faudra donc, au moment d'acheter, raison garder, et se souvenir d'un peu de ce qui précéde.

En bref, pour résumer, on ne dépasse les 50 - 60€ que pour un appareil vraiment exceptionnel.

Voila, c'est dit !

 

3 - L'ETAT DE L'APPAREIL ... ET LES CONSEQUENCES !
 
Je ne vais pas vous dire le contraire, un poste de radio maritime c'est toujours trés joli, mais si le but est utilitaire, il faut quand même prendre quelques précautions en achetant ... pour eviter de grosses déconvenues !
 
Schémathèque
   
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Les appareils radiomaritimes sont en général du matériel professionnel. Malgré mes efforts incessants pour mettre le maximum d'infos à votre disposition, les schémas -et à fortiori les notices complètes- en sont trés difficiles à trouver, soit parceque trés peu répandues, soit à cause de la confidentialité des constructeurs.
Faites donc l'essai : contactez Sailor à la maison mère, pour leur dire que vous êtes en train d'essayer de sauvegarder une partie de leur histoire, et que vous auriez juste besoin d'un petit coup de main ... vous allez être édifiés de suite !
Evitez donc, si vous avez un doute sur le fonctionnement, d'acquérir un appareil trop "exotique" ou "professionnel", vous risqueriez d'attendre des années avant de pouvoir sérieusement y mettre le nez !

Au mieux, et si vous avez le temps, cherchez en premier la documentation, c'est plus sur.

 
L'état de l'électronique
   
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Ces appareils, bien que le plus souvent étanches, ont été utilisés dans des conditions difficiles : innondations, humidité ambiante et salée, chocs dus aux coups de mer et au débarquement, dépannages "système D", etc ...
Sauf si l'appareil a été débarqué à cause de ces avatars, rien n'est jamais insurmontable, surtout avec une bonne documentation (voir para précédent).
Gardez cependant à l'esprit que nous sommes en présence de matériel de type "pro difficile", que l'on a souvent pas fait d'économies sur les composants à la fabrication pour des raisons de fiabilité en mer, que certains composants sont parfois trés spécifiques, que les rechanges ne sont pas du tout faciles a trouver sauf à cannibaliser un autre chassis, et que, en définitive, un dépannage sérieux peut se révéler trés coûteux ! ...

Essayez donc, dans la mesure du possible, de jeter un oeil aux entrailles de la bête, et, si l'eau de mer a visiblement visité l'interieur des boyaux, remettez votre achat à plus tard ... Une entrée d'eau de mer (et surtout du sel afférent, est toujours dramatique pour le fonctionnement de ces appareils.

Pour information, la méthode préconisée "en grand secours" dans ces cas là sur un bateau consite à immerger le plus rapidement possible le chassis dans l'eau douce savonneuse (aïe !) pour le rincer complétement, puis à le sécher tout aussi rapidement par tous les moyens disponibles, et ensuite seulement, envisager de dépanner si ce qui reste en vaut encore le coup ...
Autant dire que si vous achetez un poste qui a subi cela, a part pour la déco dans la bibliothèque ...

 
L'état de l'"ébénisterie"
   
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Ces appareils sont trés souvent en tôle galvanisée ou inox, et le chassis coulissant comporte un joint (a traiter au silicone pour l'assouplir) pour assurer l'étanchéité.
Rien de spécial à en dire, les dégats à la caisse sont rarement bien graves, à part les enfoncements dus aux chocs (dans ce cas, soupçonner des dégats collatéraux aux entrailles du poste).
Un peu de peinture bien faite suffira souvent à lui redonner son lustre.

A noter : une vieille habitude maritime veut qu'on peigne les choses pour les protéger plutot que pour soigner le design. On ne possède donc pas, à bord, une palette trés étendue de peinture, et il pourra arriver que le poste ne possède plus du tout sa couleur d'origine.
Si la peinture originale était une application "cuite au four" (cas heureusement trés fréquent), il devrait être possible de retrouver la finition d'origine en grattant délicatement ou en utilisant des décapants adéquats (faire des essais sur l'arrière de l'appareil avant d'attaquer - et ça tombe bien car l'arrière n'a souvent pas été repeint puisque adossé à la cloison du navire...).
Dans les autres cas, il faut faire au mieux, et pourquoi ne pas conserver, si elle est en bon état, la nouvelle robe ?

Je recommande pour ma part de conserver, car elles sont souvent présentes, les annotations portées sur l'appareil par les opérateurs : indicatif du navire, annotations de fréquences ou de relèvements de
radiophares ... Elles font partie de l'histoire de l'appareil, et peuvent aider à en retrouver la provenance si on veutun jour en savoir un peu plus sur celui ci ...

 

4 - ALIMENTATION
 
Nous allons donc maintenant nous focaliser sur l'appareil le plus interessants pour un large public, à savoir un récepteur équipé des bandes marines et de la BLU, et nous allons essayer d'en sortir quelque chose.
 
Tensions d'alimentation
 
. Les tensions d'alimentations nécessaires pour ces appareils sont assez variées. Le pire des cas est le recepteur alimenté en 110 VAC, car, s'il est possible de mettre un transfo, ces appareils viennent souvent des US, sont donc en 60 Hz et les alimenter en 50 Hz peut causer un échauffement des transformateurs.

Si le poste s'alimente en 220 VAC, il n'y a pas d'autre problème,que de l'alimenter de préférence, et comme tout materiel ancien, au moyen d'un transfo de sécurité pour éviter tout soucis.

L'alimentation se fait quand même, le plus souvent (et même pour les appareils possédant une alim 230 VAC) en courant continu, les valeurs les plus courantes étant le 12 VDC et 24 VDC correspondant à la tension des batteries de bord. On trouvera d'ailleurs souvent, sur les appareils, une alimentation bi-tension : 230 VAC et 12 ou 24 VDC, repéré "batteries secours", et, comme son nom l'indique, cettte alimentation DC prend le relais quand il y a une défaillance du réseau de bord (ce qui était assez régulier, il faut le reconnaître, sur les anvires assez anciens ... mais c'est una autre histoire !)

Il existe des récepteurs alimentés avec moins de 12 VDC (parfois même sur piles), d'autres, anciens, alimentés à la valeur des réseaux bord de l'époque (90 VDC; 110 VDC, tensions AC diverses ...). Dans ce dernier cas, c'est plus problématique.

La tension la plus communemment observée reste le 12 VDC, dans ce cas une alim de type "CB fixe" capable de tenir 3 Ampère fera amplement l'affaire.
Pour les essais, même une vieille alim de PC, voire un transfo de train électrique vous donneront la valeur désirée.
Il est recommandé, pour une utilisation régulière, de se connecter à une alimentation de bonne qualité "type CB" ou autre.

S'assurer de bien avoir identifié la tension d'alimentation necessaire avant de brancher quoi
que ce soit : il en va de la vie de l'appareil ...

   
Connectique d'alimentation
 
. La encore, le choix est vaste et les (mauvaises) surprises fréquentes. Se souvenir que la connectique est souvent restée à bord lors du démontage, et donc est la plupart du temps introuvable.
Dans bien des cas, il sera interessant d'équiper l'appareil de prises d'alimentation modernes, pour préserver la sécurité et éviter les branchements hasardeux, qui conduisent trés souvent à des dommages.

 

5 - ANTENNE et TERRE
 
Comme tout autre récepteur, notre nouvelle acquisition aura besoin de ces deux éléments pour fonctionner. Bien sur, sinon ce serai trop simple, il y a là encore des spécificités liées à ce type d'appareil et à leur fonctionnement.
 
Antenne
 
.

Il y aura souvent, sur ces chassis, deux types d'antenne. Une qui sera une antenne filaire "classique", l'autre qui sera une antenne de goniométrie (ferrite boussole ou antenne "biboule" composée de deux cercles inox croisés, encore visible en tête de mât de certains navires). Tout ce qui, sur les commutateurs du recepteur, porte l'indication "D. F. - Direction Finder" se rapporte à cette dernière antenne. Inutile, donc, si vous ne possédez pas ce type d'antenne, de sélectionner ces positions ...

Pour ce qui concerne l'autre antenne, un "long fil" classique vous donnera normalement accés à toutes les bandes de réception. Suivant votre proximité à la mer, ce fil fera de 5 à 10 mètres, ce qui vous permettra d'écouter les OC, les GO - PO et même la BLU marine. Nous y reviendrons ...

 
Terre
 
. La terre est bien sur trés importante. Les préconisations sont les mêmes que pour tous les autres récepteurs, donc une vraie "terre" est idéale, à défaut un tuyau d'eau froide ou de chauffage central qui aurait la bonne idée de passer à proximité. Ne surtout pas négliger cette connection, elle est cruciale pour la qualité de réception. Ne pas hésiter, une fois calé sur une fréquence, à la déplacer pour trouver le meilleur endroit (celui qui permet d'avoir la meilleure réception, avec le minimum de parasitages).
 
Connectique
 
.

Pour tout ce qui concerne la terre, les connections se feront le plus souvent par un boulon sur le chassis, éventuellement repéré par un petit symbole de "terre". Verifier qu'il n'est pas corrodé, ne pas hésiter à le nettoyer et à passer un coup de bombe contact sur ce boulon. Serrer fort la connection, ainsi que la connection à l'autre bout du câble de terre.

Concernant la prise d'antenne ...

Suivant le chassis, on va trouver quasiment tous les formats possibles !
PL, coax, fiches exotiques, plaque à bornes ....
Essayer au maximum d'utiliser une fiche et du câble adapté (impédance 50 Ohm - on peut éventuellement utiliser du 75 Ohm si on a que cela et si on ne fait que de la réception...)
Pour les essais, une fiche "banane" dans une fiche PL donnera quand même du jus, idem dans une prise coax avec un adaptateur coax-PL (fiches oscillo). Mais à long terme, il sera préférable d'établir une liaison propre, cohérente, et adaptée si l'on souhaite ecouter les navires.
Sur un recepteur de marque "Sailor" et dérivés (Debeg, Skanti, Shipmate...) la prise d'antenne est une vulgaire fiche de coax TV, facilement trouvable dans votre hyper habituel.

Pour les chassis équipés en fiche PL, faire trés attention si on utilise un transformateur PL-BNC : le serrage de cet adaptateur est souvent difficilen et la connection à l'antenne peut ne pas être aussi satisfaisante qu'espérée.

Pour ce qui concerne la prise "Gonio", on a souvent affaire à des prises bizarres, en fait, souvent la prise de l'antenne gonio qui était vendue avec. Il faudra donc s'adapter si on veut utiliser cette antenne avec une autre ferrite que celle préconisée..
Sur une "biboule", on aura souvent, comme cable de descente, un cable à 5 conducteurs (chaque cadre = 2 fils, le cinquième pour l'antenne centrale de "lever de doute". - ces antennes sont en fait composées de deux cadres, donc isolés de la terre)

Enfin, pour les récepteurs "de salon" équipés de la bande chalutiers, la ferrite classique est incorporée, et ces récepteurs possèdent une prise permettant de connecter le fameux "direction finder" pour faire l'écoute des bandes spécifiques. En l'absence de cette antenne gonio, un "long fil" adapté dans cette prise procure parfois des résultats surprenants...

Réseaux d'antenne : il peut être tentant, si on possède plusieurs récepteurs et un seul long fil tendu dans le jardin, de connecter plusieurs récepteurs en parallèle sur ce long fil.
L'expérience me permet d'affirmer que cette méthode n'est pas satisfaisante, les différents récepteurs amenant sur la ligne une désadaptation mutuelle pouvant conduire à des résultats abérrants ...
Si cela est moyennement gênant sur les bandes classiques, quand il va s'agir de capter les faibles signaux venant du large, la problématique va être amplifiée.
Pour écouter les navires, il est donc largement préférable de respecter l'équation :
Une antenne adaptée + un recepteur bien réglé et mis à la terre = une écoute confortable

 

6 - HAUT PARLEUR ou CASQUE ?
 
Nous allons bientôt enfin pouvoir écouter Mike Brant avec notrenouveau et joli recepteur ... Encore un peu de patience, car il va nous falloir trouver un moyen de reproduire le son ...
 
Haut parleur intégré au chassis
.

Dans ce cas, le problème est résolu. Bien qu'il soit souvent étanche, vérifier tout de même qu'il n'a pas subi les outrages de l'air salin ou des souris lors de son stockage, et que l'éventuelle clé de désactivation est sur la bonne position.

 
Haut parleur exterieur
. Le branchement de ce type de HP, en l'absence de HP intégré, peut se faire de différentes manières : plaque à bornes à l'arrière du chassis (plus ou moins bien repérée), prise en façade ou sur l'arrière, prise "casque" ... Les HP préconnisés ont rarement une impédance conventionnelle, on est le plus souvent en 600 voire 800 Ohm. Il faudra donc prévoir l'approvisionnement d'un HP de ce type. On peut également trouver des transformateurs d'impédance 4 ou 8 Ohm vers 600 Ohm qui permettront de connecter n'importe quel HP sur la prise.
La connectique de ces HP est couramment du jack 6,35 mm en mono (ces appareils sont trés rarement Hi-Fi)
S'il n'y a pas d'autre solution évidente, connecter simplement un HP 600 Ohm dans la prise "casque", en général, cela marche !
       
Casque d'écoute
. Le meilleur moyen de faire une veille "chalutiers" (rappelons le, les signaux sont souvent trés faibles) reste le casque d'écoute. Une prise adaptée (jack mono 6.35) est généralement prévue en façade, et un commutateur permet parfois de passer de HP à casque et dupleix.
Ces prises sont couramment prévues en impédance 600 Ohm, il faudra donc choisir un casque adapté.
Ce type de casque est trés facile à trouver dans les surplus militaires, c'est en effet l'impédance conventionnelle des casques d'ecoute radio courants.

 

7 - ECOUTER (enfin ...)
 

Bon, on en a terminé avec les préliminaires !
On va pouvoir passer maintenant aux choses sérieuses.
Nous considérons donc que nous sommes en face d'un appareil fonctionnel, correctement dépanné, réglé et aligné, connecté à une alimentation idoine, avec une antenne de bonne qualité et une terre de qualité supérieure. La dernière traite a intégralement été payée à l'ancien propriétaire ... alors allons y !

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La bande VHF Marine
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Tordons le cou de suite à cette catégorie trés particulière ...
Il s'agit d'une modulation FM, simplex et duplex suivant les canaux considérés, dont la fréquence tourne autour de 156 MHz. Sur les appareils où cette bande est accessible, vous allez pouvoir ecouter la meteo (canal 79 annoncée sur 16), les appels de sécurité et de contact (canal 16), les conversations entre navires (canal 8), les activités portuaires (canaux suivant le port), etc, etc ...
Plutot que de vous donner un enième tableau des fréquences, je vous propose de vous rendre sur un des sites ou ces fréquences sont répertoriées, il y a pléthore sur le web ...

Attention : ne jamais emettre depuis la terre sur ces fréquences. La réglementation l'interdit formellement, et c'est hyper dangereux pour la navigation que de les brouiller. Il faut donc absolument débrancher le combiné de votre VHF de collection (puisque nous ne parlons ici que de cela) si c'est possible, sinon il faut absolument déconnecter la fiche correspondant à la pédale de micro, pour ne conserver que les fonctionnalités de réception, et éviter toute fausse manipulation.

Confidence : ce n'est pas là que vous allez trouver les choses les plus interessantes ...

.
Les bandes "classiques"
..

Les recepteurs de la bande "marine" sont trés souvent équipés pour recevoir les bandes radio classiques en AM, a savoir les GO (bande étendue pour couvrir la bande des radiophares), les PO (pour couvrir la fameuse bande "chalutiers") et les OC (pour les mêmes raisons).
Cela donne, pour ces appareils, une bande couverte de 140 kilohertz a 4500 Kilohertz dans le meilleur des cas, avec bien sur des trous.
Il est bien sur possible d'écouter les radios périphériques (RTL = 241 Khz, Europe1 sur 186 Khz...), mais aussi les radios PO assez présentes et les OC surtout le soir et la nuit, pour des raisons de propagations.
Lors d'un premier essai, une synthonisation possible sur ces bandes est rassurante quant à l'état de la chaîne de réception générale et à la chaîne BF. Egalement quant à la qualité de l'antenne et de la terre...

Remarque : recepteurs équipés de quartz
Sur ce type de recepteur (Sailor en particulier), les fréquences sont accessibles par un cadran gradué ou par sélection directe par un bouton (circuit a quartz).
Il sera necessaire, dans ce cas, de s'assurer, avant d'incriminer une avarie, que le quartz est bien dans son logement et à la bonne fréquence (fréquence affichée - 600 Khz dans le cas des sailor).

D'autre part, sur ce type d'appareil, on se trouve souvent (et quasi toujours chez Sailor) en présence de deux têtes HF distinctes, une couplée au bloc à quartz, l'autre au cadran de fréquences manuel.
Or, il se trouve qu'en général, la tête du bloc quartz est beaucoup moins sensible que la tête d'accord manuel.
Aussi, il sera bon, et même si la synthonisation sur ces commandes manuelles n'est pas trés aisée, de privilégier ce mode de fonctionnement pour obtenir les meilleurs résultats.

Ecoutes "maritimes" sur ces bandes
Depuis la disparition des radiophares, (ce n'était pas trés varié, il faut bien le reconnaître), il n'y a plus grand chose de spécifquement "marine" à écouter en AM dans ce coin la.
On a parlé, un temps, d'une "radio de la mer" qui aurait émis en PO - AM, mais elle ne doit pas faire beaucoup de bruit ... je ne manquerai pas de vous tenir au courant si quelque chose d'intéressant se passait ...

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La bande marine par excellence : la "BLU"
 
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La bande marine "à Bande Lattérale unique - BLU" est la seule où perdurent encore quelques écoutes typiquement marines potentielles.

Pour permettre ces écoutes, votre récepteur est équipé d'un dispositif repéré, suivant les cas, "BFO", "VFO" ou "Clarifier" qui se présente, pour la partie accessible à l'opérateur, sous la forme d'un bouton à tourner, avec ou sans butées.
L'utilisation de ce dispositif est la suivante : on a selectionné dans les gammes une bande en BLU (repérée parfois SSB), et on synthonise une station. A l'approche de celle ci, on va avoir tendance à entendre une "voix de canard" due au mode de fonctionnement BLU.
A ce moment, le bouton "clarifier", tourné avec précision, va permettre de clarifier l'onde reçue (et donc le bouton est bien nommé...)

Ecoutes "maritimes" sur ces bandes
Les stations radiomaritimes ont quasiment toutes fermé l'une aprés l'autre, aussi le champ s'est considérablement restreint. Néanmoins, il reste possible d'écouter quelques Centres Régionaux d'Organisation de la Surveillance et du Sauvetage - CROSS, par exemple Corsen sur 2677 Khz. La météo Marine ainsi que les avis aux navigateurs y passent à partir de 19H30 (heure Bretonne), et pendant suffisamment longtemps pour tester votre installation sur ce mode.

Vous aurez également peut être la chance d'attraper, entre 3400 et 4000 Khz, quelques conversations entre navires.

Bien noter que la bande BLU radio amateurs et la bande BLU marine n'utilisent pas la même BLU : les uns utilisent la LSB (bande inférieure unique), les autres l'USB (bande supérieure unique). Peu de chance de les avoir, donc, si votre appareil est uniquement équipé "marine".

 

8 - EXEMPLES D'APPAREILS
 

Voici donc tous les éléments, je pense, pour permettre à un amateur peu féru de ces appareils de pouvoir se dépatouiller avec ...
J'espère que cette page vous aura été utile, et je vous souhaite de belles écoutes avec ce type d'appareil trés spécifique.

Je vais maintenant en terminer en vous présentant, rapidement, quelques appareils simples d'installation et d'emploi, bref, l'idéal pour un novice en la matière ...

 
La gamme SAILOR (et dérivés : Skanti, Shipmate, Debeg ...)
 

Les récepteurs de cette marque sont alimentables en 12 VDC (piles pour certains), branchement et utilisation faciles, solidité quasi à toute épreuve ... le top, mais il faut aimer le "vert prairie" ...

 
Les récepteurs gonio (avec une alidade sur le sommet)
  Type AD 7000 -AD 3000, Radio Ocean, Koden ... Ils permettent en général une bonne couverture, sont alimentés en 12 Volts (prises souvent spécifiques) ou à piles. De nombreux modèles ont été fabriqués pour les plaisanciers, portables ou fixes, et on les trouve relativement facilement.
 
Le fameux Tehnifrance "Navitech"
C'est surtout son look et son design qui le font apprécier, plus que ses performances. Alimentation a piles, coffret en bois verni. Attention si le couvercle est absent : il est introuvable, de même que le cadre ferrite de la marque.
Hélas souvent trés -trop- et inexplicablement cher eu égard à ses qualités intrinsèques ...
 
Les récepteurs dits "de salon"
De nombreux fabricants ont revendu des récepteurs équipés pour recevoir la bande chalutiers, tant à lampes qu'à transistors. Ces appareils étaient principalement achetées par les familles de marins qui voulaient écouter les vacations du soir transmises par les stations de radio côtières.
Même si le dispositif de décodage BLU (quand il existe) est souvent trés rudimentaire, ce genre de récepteur peut être sympa et original pour une première visite sur ces bandes.
   
 
 
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